VDL_RAPPORT_ANALYTIQUE_08_2021_17_12

733 FR SÉANCE DU VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021 utilisés à la construction de logements. Le collège échevinal y était aussi invité à prendre contact avec d’autres institutions publiques et semi-publiques afin qu’un tel listing soit également établi pour ces institutions. Ces listes devaient être publiées et une discussion lancée. A l’époque, on nous avait expliqué que l’établissement de telles listes demanderait trop de travail - et la motion a disparu dans le fameux tiroir. L’affirmation de Monsieur l’échevin Mosar selon laquelle 53% des terrains constructibles sur le territoire de la capitale sont en mains publiques soulève la question de savoir de quels terrains il s’agit et dans quelle mesure ils peuvent être utilisés à des fins de logement. Le groupe déi Lénk renouvellera sa motion. Il y a un besoin de clarification. Si ce n’est pas une question d’argent, mais de capacité de mobilisation des terrains, la question politique de la priorité se pose. Depuis des décennies, la construction de logements est laissée au marché privé, c.-à-d. que le marché - et cela vaut également pour la ville de Luxembourg - est en grande partie entre les mains d’entreprises de construction privées. On peut également constater cela à l’exemple du PAP «Villeroy&Boch». Un maître d’ouvrage public (la Ville) et un entrepreneur privé s’y sont partagé les terrains. Or, il s’avère que le promoteur privé est le premier à commencer la construction de logements, alors que la Ville reste encore en retrait. Quelles sont les motivations de la Ville? déi Lénk lancent un appel au collège échevinal pour qu’il exploite le potentiel du Pacte logement 2.0. S’il y a une commune au Luxembourg qui dispose à la fois des ressources financières et humaines nécessaires, c’est bien la Ville de Luxembourg. Dans le contexte de la crise du logement et des possibilités offertes par le Pacte Logement 2.0, la création d’une entité de création immobilière aux mains de la Ville et le renforcement substantiel du Service Logement semblent plus urgents que jamais. Madame le bourgmestre Lydie POLFER : Je constate que le conseil communal est unanimement favorable à ce que la Ville signe le pacte logement 2.0. Toutes les déclarations faites lors d’un débat contradictoire ne peuvent être consignées dans le rapport de la commission. Les déclarations faites lors des débats du conseil communal sont publiques et chacun peut y exposer son point de vue. Les secrétaires des commissions consultatives rédigent les rapports en leur âme et conscience. J’en appelle à votre compréhension pour que toutes les remarques ne soient pas consignées dans le rapport de la commission, en particulier lorsqu’il s’agit de discussions controversées. L’essentiel est que vous puissiez faire part de votre opinion au sein du conseil communal. Monsieur l’échevin Laurent MOSAR : Mes propos ne sont pas inventés, ils sont basés sur les résultats d’analyses effectuées par nos services. Ce qui me dérange fondamentalement, c’est que l’on remette en question des résultats d’analyses effectuées par des fonctionnaires qui sont des experts dans leur domaine. L’administration communale emploie d’excellents fonctionnaires dotés d’une grande expertise et nous avons pleinement confiance en leurs compétences. Nos services ont procédé à une analyse approfondie de la situation de la propriété sur le territoire urbain. Ce sont ces résultats de cette analyse que j’ai mentionnés. Nos services effectuent des analyses en leur âme et conscience. Le collège échevinal reprend les données fournies et les transmet. Je vous demande d’arrêter de mettre en doute les compétences de nos collaborateurs. Mon intention n’est en aucun cas de présenter le Pacte logement 1.0 comme le nec plus ultra. Mais le fait est que le Pacte logement 1.0 a généré des recettes de 172,5 millions d’euros pour la Ville. Il est vrai que tous les objectifs que le Pacte logement 1.0 s’était fixés n’ont pas été atteints. Mais il faut également tenir compte du fait qu’à l’époque où le Pacte logement 1.0 a été mis en place, les problèmes n’étaient pas aussi aigus qu’aujourd’hui. Avec le Pacte logement 2.0, la Ville recevra en moyenne 16.000 euros par logement créé. Les subventions de l’État seront donc inférieures à celles du Pacte logement 1.0. Les résultats concernant la propriété foncière dans la Ville de Luxembourg ont été élaborés par notre Service des Biens. 53,2% des terrains constructibles (environ 3 millions de mètres carrés) sur le territoire urbain sont la propriété de la Ville de Luxembourg, de l’État, de la SNHBM et du «Fonds du logement ». Pour pouvoir construire sur ces terrains, il faut obtenir un permis de construire délivré par la Ville. Nous ne disons absolument pas que le Pacte logement 2.0 ne puisse pas satisfaire différentes communes sur un certain nombre de points. La Ville de Luxembourg signera le Pacte logement 2.0. Mais pour la situation telle qu’elle se présente à Luxembourg-Ville, le Pacte logement 2.0 n’est pas l’instrument approprié pour nous faire progresser dans la politique du logement. Il y a suffisamment de terrains disponibles pour pouvoir construire massivement des logements dans les années à venir. Quels sont les problèmes qui se posent ? La problématique des procédures a déjà été abordée. Les problèmes évoqués font que nous ne pouvons pas faire avancer les projets aussi vite que nous le souhaiterions. Le Pacte logement 2.0 permettra aux communes d’acquérir un certain nombre de logements dans le cadre de la mise en œuvre d’un PAP. Les coûts de construction devront être négociés avec le promoteur privé. Il est bien connu que les coûts de construction sont actuellement en constante augmentation pour diverses raisons. Sur la base de ces coûts de construction, nous avons, en tant que Ville, la possibilité d’acquérir une série de logements. La Ville a déjà agi de la sorte et continuera à aller dans cette direction. Le problème principal réside dans le fait que la Ville deviendra propriétaire de nombreux logements via le Pacte logement 2.0. De plus, la Ville dispose d’une grande réserve de terrains. La question qui se pose est de savoir comment la Ville peut viabiliser ces terrains le plus rapidement possible. Le fait est qu’il est actuellement très difficile de trouver sur le marché suffisamment d’entreprises de construction disponibles pour mettre en œuvre des projets. Nous constatons régulièrement, lors des marchés publics, que soit aucune entreprise ne dépose une offre, soit la procédure doit être annulée parce que les offres déposées dépassent trop largement les devis inscrits au cahier des charges. Il faut prendre acte de cette réalité. Cela n’a rien à voir avec un manque de volonté politique ou de moyens financiers. Les entreprises de construction se plaignent de ne plus trouver suffisamment de personnel qualifié. Certaines entreprises recrutent déjà de la main-d’œuvre en Ukraine pour pouvoir honorer leurs commandes. Nous sommes confrontés à un problème structurel, un problème qu’une ville seule ne peut pas résoudre. Nous ne pouvons le faire qu’en collaboration avec l’État. Monsieur l’échevin Wilmes a souligné à juste titre que le problème de la pénurie de logements ne peut être résolu qu’ensemble, c.-à-d. avec le gouvernement, avec le secteur privé, avec les entreprises de construction privées. J’aurais souhaité que l’opposition apporte l’une ou l’autre bonne idée. Nous sommes tout à fait conscients que nous devons organiser différemment notre Service Logement afin d’être prêts lorsque nous entrerons en possession de logements supplémentaires dans le cadre du Pacte logement. Le collège échevinal prendra les décisions qui s’imposent et renforcera le service en personnel le plus rapidement possible. Il ne sera toutefois pas facile de pourvoir les postes nouvellement créés, car la concurrence est rude dans le secteur de la construction. La Ville signera le Pacte logement 2.0. Cependant, nous sommes également d’avis que le pacte ne nous apportera pas toutes les réponses aux défis qui se posent. Le collège

RkJQdWJsaXNoZXIy NTkwNjU=