VDL_RAPPORT_ANALYTIQUE_08_2021_13_12

707 FR SÉANCE DU LUNDI 13 DÉCEMBRE 2021 Voilà donc que 24 millions d’euros nous semblent investis dans un projet de loisirs. Il peut certes être agréable de faire une excursion à vélo le week-end à travers le parc municipal, puis de se rendre à Weimershof en passant par le Pont Grande-Duchesse Charlotte («Rout Bréck») et de là, d’emprunter le nouveau pont cyclable pour se rendre à Cents et de filer jusqu’au Stadtgrund, avant de reprendre l’ascenseur pour rejoindre la Ville-Haute. Mais cette activité de loisirs suffit-elle à motiver la construction d’un pont au coût de 24 millions d’euros? Je ne suis pas de cet avis. On ne peut certes m’accuser d’être anti-vélo. J’en fais réguli rement ; je ne recours presque plus à la voiture et je m’engage depuis des années pour la mobilité douce. Monsieur l’échevin Goldschmidt m’a même reproché d’avoir une attitude radicale, parce que je ne considérerais que les cyclistes, alors que lui défendrait aussi les intérêts des dizaines de milliers d’automobilistes. Le coût du pont, estimé maintenant à 24 millions d’euros environ, a augmenté de 33% au cours des neuf derniers mois. Pour quelles raisons? 24 millions d’euros, c’est beaucoup d’argent et il faut s’attendre à ce que le devis actuel dépassé. Je rappelle l’exemple de l’ascenseur du Pfaffenthal, où le devis a été dépassé de 39% en raison de la nature du sol. Dans le quartier de Neudorf, il y a également des probl mes avec le sous-sol rocheux et, précisément à l’endroit où la station de base sera construite, des écoulements d’eau importants se produisent. C’est là que se trouve un grand bassin de rétention et c’est là que le sol s’était affaissé lors du creusement de la canalisation souterraine. Avec des incertitudes concernant la nature du sol, un pilier filigrane de 71,5 m de haut et un pont d’une hauteur de 52 m au niveau du tablier, nous risquons de nous lancer dans une aventure. J’esp re sinc rement que ce projet ne se soldera pas par un fiasco. Il est plus que probable que les 24 millions d’euros prévus ne suffiront pas. En outre, il faudra compter chaque année avec 200.000 euros de frais d’entretien et d’énergie. Au-delà du coût élevé et des incertitudes relatives à la nature du sol, chaque membre de cette assemblée - en particulier les coll - gues du groupe déi gréng - devrait garder à l’esprit que nous traversons une crise climatique profonde et que la réalisation de ce projet libérera de grandes quantités de gaz à effet de serre. La production des éléments en acier et la fabrication du ciment gén rent l’émission de milliers de tonnes de CO2. Rien que pour stabiliser le sous-sol friable, 16.600 tonnes de béton sont nécessaires. Pour compenser les émissions de CO2 liées à la production des mati res du pont, quelques centaines de personnes devraient laisser leur voiture à la maison chaque jour et se rendre au travail à vélo ou à pied en traversant le pont. Est-ce probable? Étant donné qu’aucun sondage n’a été réalisé, il n’existe actuellement pas de réponse à cette question. La construction du pont implique aussi une forte intervention dans les zones vertes qui se sont développées naturellement de part et d’autre : entre 40 et 60 arbres devront être abattus. La faune sera également durablement perturbée. L’éclairage du pont est souligné comme un atout. Or, l’éclairage perturbera durablement le repos nocturne de nombreux animaux et évincera les animaux qui chassent la nuit. Dans la lettre de Madame la ministre Dieschburg, on peut lire que le pont n’est pas concerné par les obligations légales d’une étude d’impact sur l’environnement, puisqu’il n’est accessible qu’à la mobilité douce et que son fonctionnement ne générait donc pas d’impact important. Ne faut-il pas prendre en compte les préoccupations environnementales dans ce cas ? Ne faut-il pas évaluer correctement les coûts et des bénéfices, en particulier dans le domaine de l’environnement, lorsqu’il s’agit d’offrir une attraction de loisirs aux passionnés de vélo? Ces questions ne sont nullement banales ! J’aimerais par la suite évoquer l’impact du projet de construction sur le bien-être des habitants de Neudorf, en particulier ceux qui vivront à proximité du futur pont. Apr s le chantier de la rue de Neudorf qui s’est étiré de 2006 à 2021, les habitants de ce quartier seraient à nouveau confrontés à un chantier, pour ensuite avoir ce pont au-dessus de leur tête, avec tous les dangers qui peuvent en résulter. La construction du pont dévaluera aussi leurs logements. On dit aux habitants du quartier de Neudorf qu’ils profiteront également du pont, car l’ascenseur leur permettrait de se rendre à Weimershof et à Kirchberg. La même question se pose ici : qui, à Neudorf, utilisera l’ascenseur pour faire ses courses à Kirchberg ou pour se rendre à son travail ? Nous ne le savons pas, car aucun sondage n’a été réalisé. La réponse sera probablement : tr s peu de gens, puisqu’on demande implicitement aux habitants du quartier de Neudorf de se rendre à vélo jusqu’à l’ascenseur au milieu du trafic automobile. On aurait au moins pu leur proposer une piste cyclable. déi Lénk réclament de toute façon une telle piste, et cela indépendamment de la construction du pont. Il convient en outre de noter qu’à partir de l’emplacement du pont, le Kirchberg est à 12 minutes avec un vélo électrique si l’on accepte d’emprunter la route existante en plein milieu du trafic. En bus, c’est encore plus rapide. Il faudrait plus de temps pour traverser le pont projeté. Quant à l’aire de jeux prévue à côté de l’ascenseur, elle aura une superficie de 145 m² et elle sera nettement plus petite que l’ancienne aire de jeux (510 m²). Par conséquent, il ne s’agit là non plus d’une bonne affaire pour les habitants du quartier de Neudorf, qui comporte peu de places de jeux pour enfants. Malgré notre engagement constant en faveur de la promotion de la mobilité douce, déi Lénk ne peut pas soutenir le projet actuel. Les données sur les utilisateurs potentiels font totalement défaut et une infrastructure d’acc s pour les vélos n’est pas prévue. Nous nous abstiendrons lors du vote. Madame Linda GAASCH (déi gréng) : Notre coll gue Claudie Reyland ayant abordé l’évolution du projet, je me pencherai sur les informations techniques que nous avons reçues en commission. Je voudrais tout d’abord exprimer mon regret que nous, les conseillers communaux, ne disposions pas toujours de tous les documents pour tous les projets ou que, lorsque nous disposons de documents, ceux-ci comptent des centaines de pages ou que les informations soient tr s rares. J’aimerais que nous ayons toujours acc s à toutes les informations pour pouvoir nous faire une opinion avant de nous prononcer. Contrairement à Monsieur le conseiller Foetz, je ne suis pas d’avis que la passerelle pour piétons et cyclistes puisse être considérée comme une simple attraction de loisirs. Il est tout à fait possible de se rendre au travail ou à l’école à vélo ou à pied, à condition de disposer d’un chemin sûr et confortable pour s’y rendre. La passerelle aura une longueur de 200 m tres et une surface utile d’une largeur de 4,5 m tres. Un ascenseur, qui sera construit dans la zone de l’ancienne école préscolaire, reliera le quartier de Neudorf à celui de Weimershof. Pr s de l’ascenseur, une aire de jeux sera aménagée avec des bancs et des arbres. Une station Vél’oh y sera également installée. L’ascenseur pourra accueillir confortablement 8 piétons et 4 cyclistes avec leurs vélos. Bien entendu, l’ascenseur sera construit de mani re à pouvoir supporter un poids plus important. Les vélos cargo peuvent également être emmenés dans l’ascenseur. Dans le quartier de Weimershof, l’acc s au pont

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