VDL_RAPPORT_ANALYTIQUE_07_2021_06_12

DE SÉANCE DU LUNDI 6 DÉCEMBRE 2021 FR 584 majorité - une ambiance positive que je souhaiterais souvent retrouver ailleurs. Ensoleillée avec risque d’intempéries : si j’étais météorologue, c’est ainsi que je qualifierais la situation de la Ville de Luxembourg. Ensoleillée, car la situation financière de la Ville est extrêmement bonne, grâce à la politique financière prudente de ce collège échevinal et de ses prédécesseurs, qui ont toujours veillé à constituer des réserves dans lesquelles la Ville peut puiser en ces temps plus difficiles. S’il existait des évaluations des agences de notation pour les communes, la Ville de Luxembourg obtiendrait un « triple A». Toutefois, des défis monumentaux nous attendent dans les années à venir. Il s’agit notamment de la situation sur le marché du logement, de la crise climatique et de la pandémie, qui devrait nous occuper encore longtemps. Mais il y a aussi de nouveaux défis, dont celui de la sécurité. Les dépenses dans le domaine de la sécurité ne diminueront certainement pas. La rapidité avec laquelle la situation peut basculer a été démontrée le week-end passé lors des débordements qui ont accompagné la manifestation contre les mesures prises dans le cadre du Covid. Le comportement irresponsable de certains manifestants a contribué à mettre en péril les existences de nombreux commerçants qui vivent déjà des moments difficiles : les forains ont dû fermer temporairement leurs stands sur le marché de Noël et il faut s’attendre à ce que beaucoup moins de personnes se rendent sur les marchés de Noël le week-end prochain. Comme chaque année, je ne vais pas vous ennuyer avec des chiffres. J’aborderai plus en détail sept points. D’une manière générale, nous constatons que de plus en plus de missions étatiques sont transférées aux communes. Parallèlement, les communes sont de plus en plus souvent laissées à ellesmêmes par les institutions qui sont censées les soutenir, notamment le ministère de l’Intérieur. C’est d’autant plus regrettable que cela ne facilite pas le travail des communes en ces temps difficiles. Le premier point que je voudrais aborder est l’impact de la pandémie sur la Ville et ses finances. La pandémie a été abordée dans pratiquement toutes les séances du collège échevinal et dans de nombreuses autres réunions. Je voudrais profiter de l’occasion pour remercier toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs de la Ville de leur engagement dans ces conditions difficiles. Les mesures prises par la Ville ont un coût : les bons d’achat (1,1 million d’euros), les subsides forfaitaires uniques pour les entreprises (4,5 millions d’euros), la renonciation à certaines taxes et aux loyers (0,8 million d’euros), l’achat de masques et de tests ainsi que les travaux de nettoyage supplémentaires (2,1 millions d’euros), l’action de tests de dépistage d’antigènes (0,5 million d’euros) et la mise en place de deux grands centres de vaccination (Hall Victor Hugo et LuxExpo) (2 millions d’euros). A la date d’aujourd’hui, la Ville a donc dépensé environ 11 millions d’euros pour des mesures liées à la crise du coronavirus (les 2 millions d’euros pour les deux centres de vaccination étant remboursés par l’État). La Ville a donc apporté une précieuse contribution à la lutte contre la pandémie. Deuxièmement, je voudrais parler de la mise en œuvre de nos projets, qui est malheureusement freinée actuellement. Les moyens financiers et la volonté politique sont là, mais dans le secteur de la construction, les disponibilités manquent pour mettre en œuvre les projets. Citons par exemple le château d’eau prévu au Kirchberg et le réaménagement de l’aire de jeux au Bambësch : pour ces projets, nous n’avons pas pu attribuer le marché lors de l’appel d’offres, car aucune entreprise n’a remis une offre. Pour d’autres projets également, il est très difficile de trouver des entreprises capables de réaliser les travaux - sans parler des augmentations de prix massives, en partie dues aux difficultés de livraison des matériaux. En raison de ces problèmes et de la pandémie, nos projets n’avancent actuellement pas autant que nous le souhaiterions. Le troisième point est lié au deuxième : le «Pacte Logement 2.0», dont la mise en œuvre nous préoccupe beaucoup. En effet, à l’avenir, dans chaque plan d’aménagement partiel (PAP), jusqu’à 30% de la surface ou des logements devront être cédés à la commune, si celle-ci le souhaite. Rien que l’impact financier est énorme, et nous devrions en parler dans le cadre du prochain plan de financement pluriannuel de la Ville. De plus, cela représente une tâche énorme pour la Ville, même avec ses plus de 4.300 employés. Dans le cadre de sa déclaration sur l’état de la nation, le Premier ministre a annoncé - même s’il a été affirmé par la suite que ce n’était pas ce qu’il voulait dire - que 8.000 logements seraient construits sur une période de 4 ans. Une grande partie de ces logements devrait être construite sur le territoire de la capitale - ce que nous saluons en principe. On peut toutefois se demander qui va construire ces 8.000 logements dans tout le pays, alors que nous avons déjà du mal à trouver des entreprises pour réaliser nos projets existants. Le quatrième point concerne la politique sociale et la sécurité. Les dépenses dans ces domaines augmenteront de manière substantielle dans les années à venir. Dans le domaine social, le collège échevinal fait des efforts importants, mais nous constatons que l’écart entre les riches et les pauvres continue de se creuser. En ce qui concerne le domaine de la sécurité, les débordements lors de la manifestation du samedi dernier ont montré combien il est important de prendre des mesures de sécurité supplémentaires pour les marchés de Noël, par exemple. Nous regrettons dans ce contexte le manque de soutien de l’État, qui possède seul les compétences nécessaires en matière de sécurité. Cinquièmement, je voudrais évoquer les relations assez difficiles avec le ministère de l’Intérieur. Celui-ci rend la vie des communes de plus en plus difficile, par exemple au niveau des procédures. Ainsi, jusqu’à présent, lorsque la Ville échangeait des terrains dans le cadre de plans d’aménagement particuliers, elle inscrivait toujours la soulte au budget. Désormais, nous serons contraints d’inscrire séparément au budget l’achat d’un terrain et la vente de l’autre, avec les montants correspondants. Nous sommes intervenus à ce sujet auprès du ministère de l’Intérieur et espérons obtenir une réponse positive. Un autre point litigieux concerne les cotisations sociales des membres actifs et retraités du personnel de la Ville. Depuis 1952, la Ville prend en charge, outre la part patronale, la «part salarié» des cotisations sociales. Le ministère de l’Intérieur demande depuis plusieurs années que nous changions cela. Le collège échevinal continuera à s’opposer à cette demande et j’espère que tous les membres du conseil communal nous soutiendront dans cette démarche. Le sixième point concerne les taux d’intérêt négatifs. Comme vous le savez, les communes - tout comme les employés de l’État et des communes - disposaient autrefois d’un compte de chèques postaux. Jusqu’à présent, nous pouvions également déposer de l’argent auprès de l’actuelle entreprise «Post Luxembourg» sans payer d’intérêts négatifs. Cela changera le 1er janvier 2022 : à partir d’un montant de 250.000 euros, les communes paieront à l’avenir des intérêts négatifs. Nous nous y sommes opposés avec d’autres communes ainsi qu’avec le Syvicol. Une solution pourrait consister en ce que les communes échangent leur argent contre des bons du Trésor, auquel cas elles n’auraient pas à payer d’intérêts. Cela est prévu au budget de l’État. Nous ne connaissons pas encore les détails, mais nous informerons le conseil communal à ce sujet en temps voulu. Dans le contexte des intérêts négatifs, il faut également mentionner que la Ville attend actuellement de nombreuses factures d’entreprises. 348,6 millions d’euros étaient prévus au budget pour les travaux réalisés, mais jusqu’à présent, seuls 183,1 millions d’euros ont pu être payés, car nous attendons encore de nombreuses factures. En tant qu’échevin en charge des finances, je ne me réjouis pas de cette situation, car le budget ne reflète pas entièrement

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