VDL_RAPPORT_ANALYTIQUE_02_2022_22_04

DE SÉANCE DU VENDREDI 22 AVRIL 2022 FR 166 III. PLANS DE GESTION DES FORÊTS DE LA VILLE POUR L’EXERCICE 2022 Le conseil communal est appelé à se prononcer sur les plans de coupe et de culture des forêts de la Ville de Luxembourg pour l’exercice 2022. Pour le triage de Luxembourg-Hamm (383 hectares), les dépenses sont estimées à 281.400 € (gestion durable : 125.600 €, protection de la nature : 59.800 €, sensibilisation : 30.000 €, protection des ressources cynégétiques : 11.000 €, surveillance et police : 3.000 €, logistique et personnel : 52.000 €) et les recettes à 61.310 €. Le plan de gestion prévoit un volume de bois de grume de 50 m3 ainsi qu’une quantité de trituration de 1.545 m3, dont 805 m3 de hêtres, de 240 m3 de chênes, de 300 m3 d’autres feuilles et de 200 m3 d’épicéas. Pour le triage de Luxembourg-Bambësch (710 hectares), les dépenses sont estimées à 518.200 € (gestion durable : 101.400 €, protection de la nature : 67.800 €, sensibilisation : 70.000 €, protection des ressources cynégétiques : 62.000 €, surveillance et police : 2.000 €, logistique et personnel : 215.000 €) et les recettes à 130.170 €. Le plan de gestion prévoit une quantité de bois de trituration de 2.830 m3, dont 1.140 m3 de hêtres, 100 m3 de chênes, de 100 m3 d’autres feuilles, de 140 m3 de pins et de 1.350 m3 d’épicéas. Total des dépenses : 799.600 €. Total des recettes : 191.480 €. Madame Héloïse BOCK (DP) : Nous pouvons être fiers de disposer d’une telle surface boisée à Luxembourg-Ville. Je voudrais saisir l’occasion pour obtenir de plus amples informations sur les critères d’abattage des arbres. Les arbres sont-ils abattus uniquement parce qu’ils sont malades ou l’abattage des arbres est-il également effectué dans le cadre d’une sylviculture écologiquement saine? Y a-t-il des abattages d’arbres effectués uniquement à des fins commerciales? Est-il vrai que le ministère prévoie la construction d’une piste cyclable asphaltée à travers le Bambësch? Quelles mesures sont prises pour garantir la préservation des parties plus «sauvages» de la forêt ? De plus en plus de chemins traversent la forêt et sont aménagés de manière à permettre l’accès aux véhicules forestiers. Essaie-t-on de réduire au maximum le nombre de ces chemins? La Ville dispose-t-elle d’un concept pour la création de «mini-forêts urbaines à croissance rapide»? Ce concept d’origine japonaise est appliqué à Paris par exemple. Ces mini-forêts urbaines contribuent à augmenter la biodiversité, à améliorer l’air et le bien-être des citoyens. Dans l’avenue Marie-Thérèse, là où le chemin descend vers la vallée de la Pétrusse, il y a un grand pré sans arbres. Pourquoi ne pas y planter des arbres? On pourrait certainement trouver encore d’autres sites sur le territoire de la ville pour créer de telles mini-forêts. La Ville dispose-t-elle d’une liste de sites appropriés? Le collège échevinal s’est-il déjà penché sur la proposition que j’ai faite d’offrir aux ménages de la ville un arbre qu’ils pourraient planter dans leur jardin ou à un endroit désigné par le service compétent ? Madame Linda GAASCH (déi gréng) : Le changement climatique ne peut plus être nié. L’état de santé de nos forêts n’est pas bon. Les hausses de température font que nos arbres sont plus sensibles aux maladies. Même si les arbres semblent encore en bonne santé, cela ne signifie pas qu’ils ne soient pas déjà atteints d’une maladie à l’intérieur - ce qui fait que nous ne sommes pas conscients du nombre d’arbres qui vont mal. Je pense qu’il serait judicieux d’informer davantage les citoyens sur l’état de santé de nos forêts. L’adaptation de nos forêts au changement climatique constitue un défi majeur. L’ajout d’autres espèces d’arbres doit permettre de rendre nos forêts plus résistantes au changement climatique. Dans ce contexte, la question des conséquences pour l’écosystème se pose. Il existe un risque de prolifération d’espèces végétales et d’insectes invasifs. Les étés plus chauds ont entraîné une plus grande prolifération de la processionnaire du chêne. Nous sommes également confrontés au problème des déchets déposés en forêt. C’est l’homme qui laisse le plus de déchets dans la forêt. C’est un problème qu’il faut également maîtriser. La forêt est un lieu où l’on peut se reposer et se ressourcer. Lors de la présentation du plan de gestion des forêts, cet aspect a également été mis en lumière et des réflexions sont en cours sur la manière de faire découvrir la forêt comme un lieu de bien-être aux citoyennes et aux citoyens qui n’y vont pas souvent. Dans le domaine des sciences environnementales, le terme « résilience» désigne la capacité des écosystèmes à retrouver leur état initial après une situation de stress. Tout indique que notre écosystème ne pourra plus retrouver son état initial, ce qui aura des conséquences pour l’homme, la faune et la flore. déi gréng se sont engagés à plusieurs reprises en faveur d’une plus grande végétalisation, y compris dans l’espace urbain, et d’une adaptation au changement climatique. En plantant des mini-forêts, nous pourrions faire du bien au climat, à la ville et à ses habitants. Madame Ana CORREIA DA VEIGA (déi Lénk) : Le 21 mars a été célébrée la Journée internationale des forêts. 30% de nos arbres sont en bonne santé, 70% sont malades. Nous devrions lentement mais sûrement nous faire à l’idée que les pins appartiennent au passé dans nos forêts. À l’origine, ce ne sont pas des espèces indigènes. Ils ont été plantés dans nos régions parce qu’ils poussent rapidement et qu’ils offrent par conséquent un rendement économique rapide. Il y a 50 ou 60 ans, aucune réflexion n’était menée dans le sens de l’utilité de la forêt pour la santé et le bien-être des hommes. Nous devons toujours garder à l’esprit que la forêt ne doit pas servir seulement à des fins économiques, mais qu’elle est aussi un lieu où l’on peut trouver le calme et le repos. Au sein de la commission, de nombreuses questions ont été posées aux représentants de l’Administration de la nature et des forêts. J’ai été impressionnée par la compétence avec laquelle on a répondu aux questions. Sachant que la majorité des arbres sont malades, l’une de mes questions était de savoir si nous misons avant tout sur le principe de l’auto-rajeunissement de la forêt ou si nous cherchons également à rajeunir la forêt par des mesures sylvicoles ciblées. On nous a expliqué qu’on procède aussi de manière ciblée en plantant des espèces résilientes face au changement climatique. Dans le cadre d’une gestion forestière durable, il convient de n’abattre que le nombre d’arbres nécessaire afin de garantir le maintien de l’équilibre naturel, c.-à-d. la repousse d’un nombre égal d’arbres. Pourquoi tant d’arbres sains sont-ils abattus si tôt ? Pourquoi ne pas laisser pousser plus longtemps les arbres sains et ne les abattre qu’à l’âge de 150 ou 200 ans? Le fait est qu’il y a actuellement plus d’arbres abattus que de jeunes arbres qui repoussent. déi Lénk considèrent qu’il n’est plus d’actualité d’exporter du bois des forêts de la Ville de Luxembourg vers la Chine.

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